Vous indiquez que le programme de Philippe Poutou synthétisé par le 4 pages « Un ouvrier candidat pour la rupture avec le capitalisme » ne comporte aucune entrée spécifique sur l’UE, ni même une seule mention. Pourtant, dans ce quatre-page parmi les points essentiels du programme d’urgence à mettre en oeuvre, nous revendiquons : « Une rupture internationaliste avec l’Union Européenne, pour une autre Europe, basée sur la solidarité des peuples contre l’exploitation et toutes les oppressions ».

Vous ajoutez que dans le programme du NPA pour les élections européennes de 2014, puisque « la coopération entre les peuples d’Europe est une nécessité historique », il ne serait pas question d’envisager une rupture avec l’UE. Pourtant, dans le Quatre pages distribué nationalement par le NPA dans cette dernière campagne européenne notre conclusion est à l’inverse !

Je cite le paragraphe dont le titre est « Non à l’Europe des multinationales et des spéculations financières » ou apparaît cette nécessité historique de coopération entre les peuples. « L’Europe capitaliste, l’Europe de la BCE est à l’opposé de cette perspective, elle en est la négation. » Plus loin, « L’UE n’est qu’un instrument pour les capitalistes afin de mener leur guerre économique en sacrifiant les peuples ». Et dans la partie « Prendre nos affaires en main, conquérir la démocratie », nous affirmions « Le combat contre le capitalisme inclut donc celui à mener contre les institutions de Bruxelles et Strasbourg. Une telle révolution passerait nécessairement par l’abrogation des traités qui régissent l’Union Européenne, la zone Euro et la BCE. A commencer par le traité de Maastricht et ses sinistres critères ou celui de Lisbonne. […] Nécessairement, il faudra en finir avec la politique de l’Europe forteresse, s’engager dans la voie de la coopération avec les autres peuples. Notre perspective, en rupture avec l’UE de Maastricht, est celle d'un processus constituant, démocratique, ouvrant la voie à un pacte de solidarité entre les peuples d’Europe, pour décider de la façon dont ils organisent leur coopération afin de satisfaire leurs besoins sociaux et environnementaux. […] Un gouvernement anti-austérité prendrait des mesures immédiates, inévitablement incompatibles avec l’UE et ses traités ». On pourrait citer bien d’autres passages, sur la fumisterie du parlement européen, etc…

Ainsi, notre positionnement pour une autre Europe est cohérent avec les nombreuses campagnes que la LCR, puis le NPA ont toujours mené vigoureusement, avec d’autres, contre les institutions de l’UE. On peut discuter, et avoir été ou être toujours en désaccord avec notre manière d’articuler notre stratégie et notre argumentation sur l’UE et l’Europe que nous voulons, mais pour écarter les fausses polémiques et réfléchir ensemble, il aurait été utile de prendre ces éléments en compte. Cela aurait évité aux rédacteurs de cette note d’analyse à charge, de devoir reconnaître honnêtement lors du débat qu’ils organisaient à Paris le 25 mars et auquel nous avons été chaleureusement invités, que la brochure présidentielle détaillée que le NPA a éditée depuis, corrige heureusement leur première impression ! 

Recevez, chers camarades, nos meilleures salutations internationalistes.

Par Christian VARIN, membre de la direction du NPA