C'est maintenant un fait établi, les néo-libéraux détestent les débats démocratiques. Ils viennent d'en faire une démonstration supplémentaire au Parlement européen. 

Jeudi 18 novembre se réunissait, comme tous les jeudis, la conférence des présidents du Parlement qui regroupe celui du Parlement, le social démocrate Schultz, et ceux des groupes politiques, conférence chargée d'établir l'agenda. Sous l'impulsion des groupes politiques majoritaires, le Parti populaire européen ( PPE- conservateur) et le groupe Social démocrate (S&D) et avec la complicité active du président Schultz, ce groupe a décidé d'interdire le débat au sein même de la seule institution élue de l'Union européenne. En effet, les commissions environnement et emploi ne seront pas saisies.

Cela se comprend.

La commission Commerce international (INTA) est en charge du dossier, elle est largement composée d'acharnés du libre-échange qui ne voient jamais aucun problème à aucun accord de libre-échange, bien au contraire, qui fait tout pour empêcher d’autres commissions de se pencher sur l’accord et d’étudier le texte sous d’autres angles : environnement, agriculture, démocratie, consommateurs..


Toutefois, deux commissions, environnement (ENVI) et emploi (EMPL), avaient décidé de prendre le temps d’examiner le CETA avant le vote en plénière. La commission ENVI comptait suggérer de repousser le vote final d’un an, vu les nombreuses incertitudes entourant le texte et ses nouvelles versions successives. Le rapporteur de la commission emploi (EMPL), comptait quand à lui recommander un rejet pur et simple du traité à la plénière.

On comprend l'affolement des talibans du libre-échange. L'épisode wallon a montré que dès qu'il est question de cet accord, les boucliers se lèvent un peu partout. Il n'était pas question de permettre un débat, même dans le cadre policé du Parlement européen.

Du coup, accélération du calendrier. Ratification le 14 décembre.

Oui, oui, vous avez bien lu : dans moins d'un mois.

C'est vertigineux en termes de vitesse parlementaire. Mais il faut bien cela pour imposer un texte tellement décrié.

Cet épisode de plus s'inscrit dans la longue, très longue liste des petites entourloupes et grandes forfaitures conduites dans le cadre de l'Union européenne. Décidément, il est clair que l'Union européenne ne survivrait pas à sa propre démocratisation – ou, pour le dire autrement, imaginer qu'il serait possible de démocratiser des institutions qui ne sont pas faites pour cela relève du rêve.

 

 Frédéric Viale pour Chapitre 2